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Des Gilets Jaunes devant la justice

Des Gilets Jaunes devant la justice

C'est une scène qui a fait le tour du monde et avait alors éreinté l'image du mouvement des « Gilets jaunes », en plein balbutiements. Le 1er décembre 2018, à Paris, lors de l'acte 3 de ces manifestations du samedi qui dureront plus d'un an, l'Arc de Triomphe avait été le théâtre de scènes insurrectionnelles.

Deux ans plus tard, la justice a clos ses investigations. Dix-sept personnes âgées de 19 à 46 ans, dont deux femmes, sont renvoyées devant la justice, après le saccage du monument, a appris le Parisien de sources concordantes, confirmant une information de l'AFP.

Dix personnes seront jugées par le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de « pénétration ou maintien dans un immeuble classé », « vols aggravés et recel », « dégradations aggravées » ou « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », précise une source judiciaire. Elle ajoute que six autres sont, elles, renvoyées devant le tribunal de police, cette fois pour s'être introduites où avoir occupé brièvement l'Arc de Triomphe, qui est un immeuble classé. Enfin, la dernière, mineure au moment des faits, sera jugée par le tribunal pour enfants pour être entré dans l'édifice, mais aussi pour dégradations et vol. Ces prévenus, issus de part et d'autre de l'Hexagone, ont, pour la majorité, un casier vierge.

Ce 1er décembre 2018 avait été pour le moins sombre pour la capitale, notamment sur l'avenue des Champs-Élysées qui a déploré plus de 120 vitrines cassées ou détériorées, une soixantaine de voitures et 35 deux roues incendiés, ainsi que 40 commerces pillés, menant à près de 400 placements en garde à vue. Pour le troisième samedi de manifestations, la place de l'Étoile à Paris s'était retrouvée dès le début de la matinée au cœur d'affrontement entre les forces de l'ordre et les Gilets jaunes.

C'est autour de l'Arc de Triomphe - où l'inscription « Les Gilets jaunes triompheront » a été taguée - que les heurts ont gagné en intensité au fil de la journée. D'autres piliers de l'édifice ont été recouverts d'innombrables tags, affichant pour la plupart des insultes visant Emmanuel Macron, la boutique a été pillée de ses souvenirs et certaines vitrines et œuvres d'art, dont une statue, qui se trouvaient dans le monument parisien se sont trouvées endommagées. Avec un préjudice financier très conséquent, avoisinant le million d'euros, selon les estimations du Centre des monuments nationaux.

 

Un mois après les faits, Le Parisien révélait que 14 personnes avaient été mises en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris, dont deux lycéens et un militant d'extrême droite. On en sait un peu plus, à ce jour, sur les profils de ces mis en cause.

Treize de ces mis en examen (11 hommes et deux femmes) avaient été interpellés peu après les faits, à proximité de l'Arc de Triomphe ou ailleurs dans la capitale. La plupart ont clamé avoir pénétré dans l'édifice pour se prémunir des gaz lacrymogènes, et ce alors que les pillages avaient déjà eu lieu. Mais certains ont reconnu des vols après avoir été retrouvés en possession d'objets issus de la boutique de souvenir, telles que des cartes postales, des pièces de collection, ou des porte-clés tour Eiffel.

Quelques-uns, comme le jeune homme mineur au moment des faits, suspecté d'avoir mis des coups de pied dans une porte, pendant que son ami la détériorait avec un extincteur, ont assuré avoir été entraînés par un « effet de groupe ». Son avocat Me Jean-Christophe Tymoczko confirme auprès du Parisien qu'il a pu à l'époque bénéficier d'un « effet d'entraînement ». « Il n'a jamais affirmé qu'il était un Gilet jaune militant. Il n'était même pas parisien, venait des Yvelines et n'était pas connu des services de justice », détaille le défenseur, qui n'entend pas plaider la relaxe pour son client, qui échappera, du fait de sa minorité à l'époque, à la médiatisation certaine de la future audience en correctionnelle. Cette dynamique de masse, en pleine manifestation, c'est aussi ce qu'ont argué devant les juges deux lycéens interpellés le jour des faits et placés sous mandat de dépôt pendant près d'un mois avant de bénéficier, comme les autres protagonistes, d'un contrôle judiciaire.

Un quatorzième individu, un militant nationaliste soupçonné de graviter autour de milieux néonazis, a été arrêté quatre jours plus tard, à la faveur d'un renseignement anonyme affirmant qu'il s'était vanté d'avoir apposé un tag sur le monument classé, avec son surnom, « Sanglier ». Lors d'une perquisition menée dans le Doubs chez cet ancien militaire désormais sans emploi, les enquêteurs ont par ailleurs retrouvé un arsenal d'armes à feu et d'armes blanches, des drapeaux nazis et une photo d'Adolf Hitler notamment. Une découverte qui fera l'objet d'une procédure judiciaire distincte.

 

Lors de son audition, l'homme de 41 ans qui a été placé en détention provisoire jusqu'en mai 2019, a assuré qu'il se trouvait près de l'Arc de Triomphe, le 1er décembre 2018, afin d'offrir une « protection » à la tombe du soldat inconnu, face aux heurts et a nié toute intrusion dans le monument.

Une seconde vague d'interpellations s'est par ailleurs déroulée le 25 juin 2019, lors de laquelle trois hommes âgés de 21 à 25 ans ont été arrêtés. Ils ont pu être identifiés grâce à l'analyse des empreintes ADN retrouvées dans le monument, notamment sur un morceau brisé de statut, un marteau ayant servi aux dégradations et un potelet.

On ignore encore à quelle date seront jugés ces 17 Gilets Jaunes mis en cause dans ce saccage qui restera dans les mémoires. « Il y a eu une grosse sévérité au début, un peu dictée par l'émotion du moment et le symbole que représentait l'Arc de Triomphe », a commenté auprès du Parisien Me Noémie Sadi-Cottier, l'avocate de deux lycéens mis en cause et brièvement incarcérés à l'hiver 2018.

« Il y a eu l'heure du défoulement, du déchaînement, et maintenant c'est l'heure des comptes. C'est un procès symbolique » a aussi réagi auprès de l'AFP Me Jean-Philippe Morel, qui représente l'association Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique (Happah). Reste un immense regret pour les juges d'instruction. En renvoyant ces 17 prévenus devant la justice, ils ont déploré que « les instigateurs, voire les principaux auteurs des faits, n'ont pu être identifiés pour les violences et dégradations organisées en marge de la manifestation ». Les magistrats se disent intimement persuadés que ce saccage a été mené par « un très grand nombre d'individus ».

(Par Iris Peron avec T. B.)